Les constructeurs de bateaux de la côte arabique cousaient les planches de coque avec de la fibre de coco mille ans avant que le Sultanat d'Oman ne prenne sa forme moderne, et la forme du navire — poupe haute, proue basse, mât unique à voile latine — a à peine changé. Ce qui a changé, c'est la cargaison. Là où ces bateaux transportaient autrefois des dattes, du poisson séché et du sel à travers le détroit d'Ormuz, ils transportent désormais des visiteurs, et une croisière en dhow à Khasab est le moyen le plus courant pour un voyageur de découvrir la péninsule de Musandam.
Musandam est une anomalie géologique. La plaque arabique glisse ici sous la plaque eurasienne, et le littoral se retrouve submergé en conséquence — les montagnes s'enfoncent, les vallées sont inondées, et la mer s'enfonce dans les terres par des criques aux parois abruptes qui ressemblent aux fjords de Norvège. Les géographes les appellent des rias. La comparaison a donné à la région son nom touristique, la Norvège de l'Arabie. Khor Sham, la plus longue crique, s'étend sur environ dix-sept kilomètres dans des falaises calcaires qui s'élèvent à plus de mille mètres au-dessus du niveau de la mer.
L'histoire se trouve au milieu de ce canal. L'île du Télégraphe, un rocher nu nommé officiellement Jazirat al Maqlab, abritait une station de relais britannique à partir de 1864, faisant partie de la ligne télégraphique Londres-Karachi. La chaleur et l'isolement étaient si intenses que l'expression anglaise "going round the bend" (devenir fou) est souvent liée à ce passage. La station a été abandonnée après quelques années. Ses fondations en pierre subsistent, et la plupart des itinéraires de croisière en dhow à Khasab jettent l'ancre à une distance permettant de s'y rendre à la nage.
Les eaux elles-mêmes expliquent une grande partie de l'intérêt. Les dauphins à bosse de l'Indo-Pacifique et les dauphins à long bec se nourrissent dans les canaux peu profonds, surfant souvent sur la vague d'étrave des navires. Les plateaux coralliens près de l'île de Seebi abritent des poissons-perroquets et des poissons-anges dans une eau suffisamment claire pour faire du snorkeling sans effort. Les villages de pêcheurs traditionnels — dont Kumzari, avec sa propre langue mêlant persan et arabe — s'accrochent à des côtes accessibles uniquement par bateau.
Khasab elle-même, la capitale provinciale, est séparée du reste de l'Oman par le territoire des Émirats arabes unis, ce qui explique pourquoi la demande pour la croisière en dhow à Khasab depuis Dubaï est si persistante ; une croisière en dhow à Khasab avec nuitée prolonge ces mêmes fjords sous un ciel ouvert. L'intérêt pour le prix de la croisière en dhow à Khasab reflète un fait simple : la péninsule n'a pas de route vers la plupart des lieux importants. Le dhow reste l'infrastructure principale. Tout le reste sur cette côte n'est que commentaire, et les croisières en dhow à Khasab restent le passage incontournable de la région.